Burano Venise
Les belles couleurs de l'île de Burano dans la lagune de Venise

L'origine du carnaval de Burano

Le carnaval de Burano et le carnaval de Venise

Dans le monde entier l’île de Burano est connue pour ses façades colorées, son campanile penché, et son art de la dentelle. Mais qui connait l’histoire du carnaval de Buran ? Personne ou presque.

Le carnaval de Burano n’est pas une extension insulaire de l’imposant carnaval de Venise, qui se développa du 11ème siècle jusqu’en 1797, date à laquelle il fut interrompu sous Napoléon Bonaparte par les autrichiens qui géraient la cité de Venise.

Le carnaval de Burano fut tout simplement le seul carnaval de la lagune alors que le carnaval de Venise n’existait plus et n’était qu’un lointain souvenir pour ses habitants.

Affiche du carnaval de Burano en 1969

Quand le carnaval de Burano inspira celui de Venise

Le carnaval de Burano était tellement convivial que Venise s’en inspira à la fin des années 1970 pour relancer le sien, à l’arrêt depuis 1797.

Une vieille chanson populaire de Burano illustre ce goût insulaire pour la fête universelle :

Che vegna li foresti, co tutti i so fradelli, che nantri buranelli posto che faremo », une ritournelle exprimant la tradition d’accueil des habitants de Burano.

Affiche Carneval de Buran 1989

Le déclin du carnaval de Burano

Dans les années 90, le carnaval de Buran déclina, pour réapparaître dans les années 2000 avec des centaines de participants costumés ou déguisés, des chars fantaisistes de taille imposante pour une petite île, et avec la participation des enfants.

Aujourd’hui il est toujours vivant, authentique, joyeux, des pancartes avec des slogans fantaisistes sont brandies, et l’animateur parle en dialecte de Burano.

La soirée du samedi et celle du mardi gras sont les plus animées et beaucoup d’habitants des îles voisines y viennent faire la fête en famille, en toute simplicité, loin des fastes du carnaval de Venise et de la place San Marco.

Notre expérience du carnaval de Burano

Oriane : Tu te souviens Angel de la surprise qu’on a eu un certain samedi de février 2017 ?

Angel : Oui, juste avant le Mardi Gras… Le jour où il nous a pris l’idée d’échapper un peu au monde du carnaval de Venise… Fatigués de plusieurs jours à traquer les plus beaux costumes aux alentours de San Marco. Tu as eu la drôle d’idée de me proposer de prendre un vaporetto pour Burano alors que l’après-midi était déjà bien entamée !

Oriane : Une merveilleuse idée, hein ? On a découvert une fête populaire et authentique dont on ne parle pas dans les guides touristiques… Une ambiance extraordinaire… Tu te souviens, on était les seuls touristes au milieu des villageois et des habitants des îles voisines !

Angel : C’est sûr ! Quand on a débarqué du vaporetto à 16h30 il y avait une queue de près de 300m qui attendait pour prendre le vaporetto pour rentrer à Venise… les touristes rentraient… mais nous, on fait toujours les choses à l’envers !

Oriane : Et puis là on s’est promené pendant une bonne heure dans des rues vides… on a mitraillé les couleurs de Burano, les ponts, les cheminées, les boutiques de dentelle… j’en ai encore les yeux qui brillent !

Angel : Et moi j’ai encore les yeux qui brillent du défilé de majorettes ! Vers 18h, je crois, peut-être un peu avant. Ça devait faire au moins 25 ans que je n’en avais pas vu ! Les petites, les moyennes, et même les grandes ! Sans doute toute l’association de majorettes de la lagune !

Oriane : après ce spectacle j’ai réussi à t’entraîner dans un petit resto pour manger une pizza avec un spritz… ou 2… ou 3 ?

Angel : Oriane, tu crois vraiment que ça intéresse nos lecteurs de savoir combien de spritz on a bu ?

Oriane : non, tu as raison… venons-en à ce qu’il s’en est suivi…

Angel : on est parti en direction du vaporetto avec dans l’idée de rentrer sur Venise pas trop tard… mais là… Tu te souviens ?

Oriane : oui ! Les portes des maisons qui bordent la Fondamenta dei assassini se sont ouvertes ! Presque toutes en même temps ! Et puis des gens en sont sortis… D’autres arrivaient dans le même temps des ruelles perpendiculaires ! Des familles entières, enfants, parents, grands-parents !

Angel : tu oublies de dire que beaucoup étaient costumés !

Oriane : costumés ou déguisés ? On n’a toujours pas tranché au bout d’un an…ça n’était pas les costumes des aristocrates du XVIIIème siècle où les habits de la commedia Del Arte. Pas non plus les costumes imaginés et créés par les participants au carnaval de Venise. Ils ne portaient pas de masque non plus. C’était d’un style plus populaire…

Angel : Il y avait des nones et des moines, des irlandais(es), des danseurs et danseuses orientaux, des gens vêtus d’habits traditionnels russes…

Oriane : et puis d’un coup on n’a plus vu les gens déguisés…

Angel : COS-TU-MES !!!

Oriane : Ok, costumés si tu veux…

Angel : juste quelques-uns qui eux portaient des déguisements différents, hors des thèmes… les non-costumés et les déguisés, se sont alors rendus sur la place Baldassarre Galuppi où une sono installée sur une petite scène envoyait de la musique.

Oriane : plus personne ne suit là Angel… Tu veux dire les non déguisés ?

Angel : oh sérieux Oriane ! tu vas me le faire encore longtemps ce débat ?

Oriane : ok… appelle les comme tu veux…

Angel : Débat clos ! C’est à ce moment-là qu’on a vu un premier char débarquer de derrière l’église ! Ça devait être 21h ?

Oriane : oui, à peu près, à peine 10’ après qu’on ait vu les gens sortir des maisons.
Le premier c’était celui des enfants ! À partir de 1 ou 2 ans, pas bien plus… un bateau pirate envahi de ballons de toutes les couleurs et de petits pirates ! Ils avaient les mains pleines de confetti et semblaient fiers de leur rôle, pas du tout intimidés par le monde. Et puis ont suivis un char sur le thème de la Russie et ses danseurs et danseuses en tenue folklorique. J’ai bien admiré les robes noires et blanches largement évasées et bordées d’un volant en fausse fourrure blanche assortie à leur toque.

Angel : les hommes, eux, portaient l’ouchanka en fourrure noire et la veste de feutre rouge fermée par des chaînettes dorées sur un pantalon noir.

Oriane : ils semblaient infatigables en dansant pendant tout le défilé sur l’air très connu de « kalinka »!

Angel : mais le char que j’ai préféré était celui où étaient réunis les irlandais en kilt et les moines et nones, verres de bière à la main ! Ils dansaient en faisant les pitres et descendaient leurs bières à une vitesse impressionnante !!!

Oriane : c’est sûr que ça y allait ! Même toi tu n’aurais pas pu suivre ! Je crois d’ailleurs qu’ils étaient déjà bien éméchés avant de commencer leur défilé…

Angel : le char d’Aladin qui est arrivé ensuite était beaucoup plus soft…

Oriane : oui mais magnifique ! Le génie d’Aladin construit, je suppose en papier mâché, mesurait plusieurs mètres de hauteur. Il était installé sur un char tiré par des hommes en costumes orientaux précédés de danseurs et danseuses qui effectuaient une danse à la fois entraînante et sensuelle.

Angel : et quelle ambiance ! 3 ou 4 générations étaient là en famille ! Vraiment une fête locale, à la fois bon enfant et bien arrosée par les boute-en-train du village. Je me demande si cette fête n’est pas la plus importante de l’année pour les habitants de Burano.

Oriane : oui ça y ressemble ! Ils étaient déchaînés…
Et puis après le défilé, il y a eu un bal en plein air, sur la Place Galuppi devant l’église. C’était un groupe de chanteurs et musiciens locaux qui l’animait avec des chansons internationales. La moitié au moins des participants étaient déguisés … ou costumés ?

Angel : tu ne vas pas réouvrir le débat, hein ?
C’est avec cette discussion que les 3/4 d’heure de vaporetto pour rentrer à Venise sont passés très vite.

Oriane : oui et la petite marche depuis Fondamenta Nove au nord du Cannaregio jusqu’à notre location près du pont de l’Accademia n’a pas suffi…

Informations pratiques pour le carnaval de Buran

Le samedi soir et le mardi soir, beaucoup de restaurants et bars ferment à Burano, car tous les habitants se préparent.

Vous ne pouvez donc pas dîner ce soir-là à Burano, sauf si vous avez réservé… et encore… Beaucoup privilégient les habitués.

Il vaut donc mieux dîner avant sur Murano, (ou sur Venise), puis venir à Burano pour 20h30. Un ravitaillement de fortune dans les boulangeries est néanmoins possible jusqu’à environ 19H.

L’histoire du carnaval de Burano
5 (100%) 1 vote
dolor. odio nec risus non ipsum nunc Praesent dolor