Torcello : une île nature proche de Murano et de Burano

Angel: Ma chère Oriane, parmi les îles de la lagune de Venise, celle de Torcello m’attire particulièrement par son côté sauvage et mystérieux.

Oriane: Mais c’est loin! Comment se rendre à Torcello ?

Angel: Plusieurs solutions sont possibles : en vaporetto avec les lignes 4.2 et 12 depuis Fundamente Nuove, ou avec Alilaguna, parce qu’à la nage on n’est pas rendu.

Oriane: Surtout toi ! Et pourquoi Torcello serait-elle mystérieuse ?

Angel: Pffff, j’ai mon flocon de natation. L’île de Torcello est très particulière dans la lagune, ce fut l’île la plus peuplée, puis la population a migré sur l’actuelle Venise. Mais on sait peu de choses sur cette époque.

C’est ainsi qu’Oriane & Angel partirent pour enquêter sur l’île de Torcello.

Angel:Le changement c’est maintenant !

Oriane:hein?

Angel:on est à Murano Faro, il faut changer de vaporetto.

Oriane:Déjà ? Il n’était pas sous garantie ?

Angel:N’importe quoi, je suis curieux de ce que nous allons découvrir à Torcello.

Sur ces liens vous pouvez aller directement dans la page Torcello sur la partie correspondante :

Merci qui ? Merci Oriane

Torcello Venise
Torcello Venise

Histoire de l'île de Torcello

En approchant de l’île de Torcello, notre première vision, est celle d’une tour, qui se détache dans le ciel sur la ligne de l’horizon.

Oriane: Cette tour m’intrigue, a t’elle un rapport avec le nom de l’île ?

Angel: On peut demander à cette bécasse de mer ?

Oriane: Tu ne vas pas commencer! Je ne suis pas une bécasse! Ni de mer, ni de terre!

Angel: Mdr, je parlais de ce bel oiseau derrière toi. Tu regardes trop les animaux fantastiques.

La bécasse de mer: PUIPUIPUIPUIPUIPUIPUI! Hein? PUIPUIPUI Bel oiseau? PUIPUIPUI Vous me parlez?

Angel: Ah tu vois, à Venise il suffit de demander.

Oriane: Chère bécasse fantastique, quel est le rapport entre la tour et l’île?

La bécasse de mer: Ici, comme à Venise, tout est rapport.

Angel: Cette bécasse me fait penser au chat de notre fable sur Corto Maltese, on n’est pas rendu.

La bécasse de mer: PUIPUIPUI ! La tour n’était pas là avant l’île, mais l’île pourtant provient de la tour.

Oriane: Comment ça?

Angel: Ne fait pas ta bécasse aussi Oriane.

La bécasse de mer: PUIPUIPUI ! Le nom de l’île provient de la tour Tor-cello, Tour-ciel. Faut suivre un peu, PUIPUIPUI, déjà que ce n’est pas facile pour une bécasse de parler PUIPUIPUI clairement.

Oriane: Ne te sous-estime pas Bécasse! J’aime cette idée… Elle est poétique… Elle correspond bien à l’atmosphère paisible de l’île de Torcello.

La bécasse de mer: PUIPUIPUI ! Ou alors le nom de l’île peut provenir PUIPUIPUI du nom d’une des portes de la cité romaine d’Altino, PUIPUIPUI à l’ouest de la lagune, qui comportait une tour de défense. PUIPUIPUI! Qu’est ce que vous choisissez comme réponse?

Angel: La réponse D.

La bécasse de mer: Ne pas faire de choix… PUIPUIPUI, c’est déjà faire un choix!

Oriane: elle s’est envolée!

Torcello Pont du diable - Ponte del Diavolo
Torcello Pont du diable - Ponte del Diavolo

L’île Torcello était déjà habitée à l’époque romaine, au moins depuis les deux premiers siècles après J.C. puisque des vestiges de maisons romaines de cette époque y ont été découverts.
Par l’analyse des vestiges retrouvés à Torcello on peut supposer qu’un raz-de-marée l’aurait détruite vers le Vème siècle avant que Torcello soit repeuplée à partir du VIème siècle.
Une inscription à l’intérieur de la basilique indique qu’une église construite en 639 s’élevait sur l’emplacement de la basilique actuelle.
La population chrétienne d’Altino, fuyant les invasions provenant de la Lombardie, s’y était alors établie. Son développement le plus important s’étend du VIIème au XIème siècle grâce en particulier au commerce de la laine et à l’exploitation des marais salants. Au moyen âge Torcello comptait environ 10000 habitants, 10 églises et même un siège épiscopal.
La basilique, telle qu’on peut la voir aujourd’hui témoigne de son apogée au tout début du XIème siècle. Puis la population s’est déplacée progressivement vers l’île de Rivo Alto (à l’origine de Rialto) pour y fonder la Venise d’aujourd’hui.
Même si jusqu’au 17ème siècle jusqu’à 20000 habitants, principalement des commerçants, y vivaient, des épidémies de malaria et un envasement progressif de l’île dès le début du XIIIème siècle les a amené à finir par abandonner Torcello.
Les nombreux monuments ont été démantelés par les architectes vénitiens qui se servirent des marbres et sculptures pour décorer les palais.

Angel: il n’y a pas grand chose ici… Juste ce canal… Et personne…

Un crapaud vert: Croaaaa !

Oriane: qui nous parle?

Le crapaud vert: Vous pourriez dire bonjour lorsque vous vous promenez à Torcello…

Angel: Oh, pardon! Bonjour! Vous habitez ici?

Le crapaud vert: oui, avec quelques humains, une douzaine moins un, mais surtout des canards, des hérons, des ragondins, quelques insectes… Il en faut bien pour se nourrir… Les humains sont partis. Je crois que c’est parce qu’il n’y a presque plus de moutons… Certains, comme vous viennent visiter. Vous voulez me suivre?

Torcello Pont du diable - Ponte del diavolo
Torcello Pont du diable - Ponte del diavolo

Et nous voilà partis le long d’un long et étroit canal bordé de quelques grosses maisons, jusqu’à un très vieux pont sans parapet. Un chat noir nous y attendait.

Le crapaud vert: plongez! c’est le diable!

Angel: Que dis-tu crapaud?

Oriane: le crapaud a plongé!

Angel: il a dit “c’est le diable!”. De qui parlait-il?

Le chat noir: Miaouuuuu! De moi, peut-être… Je n’y peux rien, c’est à cause de la légende.

Oriane effrayée: si ce n’est qu’une légende c’est rassurant, mais vous, en tant que chat, est-ce que vous croyez à une quelconque légende ? Sinon, êtes vous le diable?

Le chat noir: Aucune légende n’est quelconque, je vais vous raconter l’histoire du pont du diable, la légende à l’origine de son nom : il ponte del diavolo… Vous me direz ce que vous en pensez ensuite, cela m’éclairera aussi…

La légende du Pont du Diable de Torcello

Le chat noir: Pendant l’occupation autrichienne une jeune vénitienne vivait en cachette une belle histoire d’amour avec un officier autrichien malgré l’interdiction de sa famille, jusqu’à ce que le jeune homme soit poignardé lors d’une patrouille de nuit. La jeune fille, certaine de la haine de ses parents a immédiatement soupçonné ceux-ci. Désespérée, elle s’enferma dans sa chambre, refusant de s’alimenter.

Oriane: Ohhhh! Quelle tristesse!

Angel: Ne coupe pas l’histoire du chat!

Le chat noir: Ce n’est pas mon histoire! L’histoire n’appartient à personne… Ou à tous!

Oriane: On ne sait même pas comment tu t’appelles.

Le chat noir: On appelle un chat un chat, je continue.
Un ami de la famille lui fit alors rencontrer une sorcière, une vieille dame juive nommée Esther qui invoqua le diable. Celui-ci accepta de lui ramener son amant à la vie, en échange de l’âme de sept enfants chrétiens. Il donna rendez-vous aux deux femmes à Torcello dans la nuit du 24 au 25 décembre. A minuit, le diable apparut, sortit une clé d’or de sous sa langue et la donna à la sorcière. A l’instant où celle-ci la jeta à l’eau, le jeune officier autrichien apparut de l’autre côté du pont. Les deux amants s’enlacèrent et disparurent dans la brume à jamais.
La sorcière ne respecta pas le pacte et mourut dans un incendie.
Depuis, le diable revient sur le pont chaque nuit du 24 au 25 décembre en prenant l’apparence d’un chat noir, en espérant que la sorcière lui apporte les 7 âmes des enfants.

Le chat noir: alors, pensez-vous que je sois le diable?

Oriane: non car nous ne sommes pas la nuit du 24 au 25 décembre…

Angel: pourtant ce chat noir parle !

Oriane: Étrange en effet! Ce n’est pas un chat quelconque…

Le chat noir: Puisque vous pensez que je ne suis pas quelconque, et si je ne suis pas le diable, alors vous êtes prêts à découvrir d’autres secrets sur cette île…

Angel: quels secrets? Vers où devons-nous aller?

Le chat noir: le siège d’Attila, la cathédrale Santa Maria Assunta, l’antique baptistère qui la jouxte, et tant d’autres… Avancez droit devant vous, passez le pont, tout se trouve entre les arbres, comme les tapis d’herbe pour la sieste…

Entre les oliviers et cyprès, nous voici sur une petite place où herbe et pavés se mêlent. On trouve, outre les principaux monuments et l’entrée du musée, une magnifique exposition à ciel ouvert.

Musée Torcello Attila
Musée Torcello

Le musée de Torcello et son exposition extérieure

La visite commence à l’extérieur avec de très vieux puits, des fragments de colonnes, des chapiteaux, des sarcophages, des bas reliefs et une jolie collection de bocche di leone.
Mais surtout, c’est un trône de marbre, dit le trône d’Attila qui retient notre attention. Posé à l’ombre d’un olivier, marqué de la croix des templiers et d’un écusson peu visible, il semble être là dans le seul but d’attiser notre curiosité!
Selon la légende, qui pour vous la faire courte nous a été comptée par un héron cendré des marécages alentour, ce trône était celui d’Attila, roi des Huns.
Mais dans cette hypothèse, pourquoi ses symboles y ont-ils été apposés? Notre chat noir savant s’est endormi pour la sieste…
Impossible alors d’en savoir plus. Ce qui est sûr, c’est qu’il était utilisé à Torcello par les représentants de la justice.

Torcello trône Attila
Torcello trône Attila
Torcello lion ailé
Torcello lion ailé
Torcello musée exposition extérieure croix des templiers
Torcello musée exposition extérieure

L’intérieur du musée se compose de deux parties distinctes.
La première partie du musée de Torcello, exposée dans le Palais des archives (Palazzo dell’archivio), présente des objets archéologiques qui nous proviennent des époques allant de la préhistoire, jusqu’au début de l’ère chrétienne.
On y trouve des céramiques, des bronzes, des fragments de statues ou de monuments funéraires de toutes ces époques.
La seconde partie du musée de Torcello, installée dans le Palais du Conseil (Palazzo del Consiglio), présente des œuvres (mosaïques, peintures, statues), des objets et des documents qui retracent l’histoire médiévale et moderne de l’île de Torcello et plus largement de la région avec une forte empreinte de la culture byzantine.
Parmi les objets qui nous ont interpellés, une petite pointe de lance en bronze du moyen âge présente de curieux symboles astrologiques et une inscription en lettres runiques. Elle servait peut-être à écrire les prédictions et les vœux.
Oserons-nous déranger notre chat savant pendant sa sieste pour en savoir plus?

L’église Santa Fosca

Cette église est dédiée à une martyre Santa Fosca dont la dépouille aurait été rapportée de Libye pour être conservée à Torcello.
L’église actuelle dont l’extérieur est en forme de croix grecque date du XIIème siècle même si une autre église préexistait au même emplacement dès la fin du 1er millénaire ou le tout début du second.
Elle est reliée à la basilique Santa Maria Assunta. Son architecture est très particulière. De l’extérieur, elle se présente comme un octogone entouré d’arcades.
En pierres apparentes, l’intérieur de forme principale carrée, est très lumineux. La voûte de la nef, ronde quant à elle, repose sur 4 gros piliers aux intersections avec les arcades supportées par 12 colonnes de marbre des Cyclades, qui délimitent le presbytère et deux petites nefs.

Santa Fosca Torcello
Santa Fosca Torcello

Le baptistère

Torcello baptistere
Torcello baptistere

Les restes d’un baptistère se trouvent face à la cathédrale, au niveau de l’ancienne entrée.
Ils datent, comme la première basilique du VIIème siècle.
Une grille en empêche l’accès mais on peut se faire une idée de son plan. Il avait une forme circulaire à l’extérieur, avec une série de colonnes qui soutenaient vraisemblablement la voûte.
De tout cela il ne reste que la base sur une hauteur de quelques centimètres à moins d’un mètre.
Au centre, on peut cependant voir le bassin dont il reste le seuil en marbre.

La Cathédrale Santa Maria Assunta de l'île de Torcello

Notre découverte de la cathédrale Santa Maria Assunta :

Cette somptueuse cathédrale de style vénéto-byzantin, a été construite vers l’an mille, sur les ruines de l’église, qui d’après une précieuse inscription, avait été construite en 639 pour l’exarque Ravenne Isaac sous le règne de l’empereur byzantin Heraclius.

Modifiée, embellie, agrandie au cours des siècles jusqu’au XIIIème, la basilique actuelle conserve des vestiges.
Dès l’entrée dans l’édifice, on est impressionné par l’atmosphère mystique qui y règne. Dix fenêtres sur le mur latéral sud de la nef éclairent l’intérieur. De chaque côté, neuf colonnes de marbre grec consolidées par des poutres de bois qui les relient séparent la nef centrale de deux nefs latérales. Il y a donc trois nefs dans cette basilique.

Cathédrale Santa Maria Assunta île Torcello
Cathédrale Santa Maria Assunta

Le presbytère est délimité au niveau de la septième colonne: trois petites colonnes de chaque côté sont reliées par de très beaux transennes de marbre du XIème siècle qui représentent des animaux bibliques (lions et paons buvant dans un calice).
Elles soutiennent une très belle iconostase du XVème siècle qui représente la vierge à l’enfant et les douze apôtres, et qui est surmontée par un beau crucifix en bois plus récent.

De l’ancienne église on peut voir les traces du pavement noir et blanc qui a été rehaussé de 30 cm lors de la reconstruction au début du XIème siècle.
Le pavement actuel refait au XIIIème siècle est absolument magnifique: il forme à l’aide de tesselles polychromes des dessins géométriques, cercles, losanges, carrés, avec des volumes en trompe l’œil, dans un style arabe.
L’autel a été reconstruit en 1939. Devant lui, une grille ferme l’accès à une fosse qui abrite le sarcophage contenant des reliques de Saint Heliodore, évêque local, ami de San Jeremiano.

Santa Maria Assunta nef autel
Santa Maria Assunta Torcello

La coupole de l’abside, ouverte d’une lucarne sur l’orient, est entièrement recouverte de mosaïques à dominante dorée.
Le personnage principal en est la vierge Marie, représentée selon les standards byzantins, richement vêtue, d’une tunique et d’un voile bleu avec trois croix dorées l’une sur le front et les autres sur les épaules.
Elle porte sur son bras droit l’enfant Jésus et ses rouleaux de la loi, indiquant que c’est la seule voie du salut, et dans sa main gauche, un mouchoir blanc, symbole du linceul du christ.
A ses pieds, on peut lire l’inscription latine “Formula virtutis, maris astrum, porta salutis, prole Maria levat quos coniuge sabdivit Eva” ce qui signifie: “Formule de vertu, astre de la mer, porte de salut, Marie et sa progéniture libèrent les hommes du péché originel commis par Eve et son époux.”

En dessous on retrouve les douze apôtres nommés en toutes lettres et reconnaissables par leurs attributs.
Ils sont sur un pré de coquelicots, plante de la lagune. Sous la lucarne, se trouve le trône de l’évêque d’Altino (protecteur de Torcello, représenté sur une mosaïque ajoutée plus récemment) auquel on accède par dix marches qui symbolisent les dix commandements.

La lumière provenant de l’orient est donc le point central d’une croix qui relie Marie et l’enfant Jésus, les douze apôtres et l’évêque.

Santa Maria Assunta Torcello
Santa Maria Assunta Torcello

Dans la nef de droite, on peut admirer notamment le massacre des innocents, une peinture de l’école de Véronèse (XVIème siècle), et une Vierge à l’enfant, œuvre de style roman (fin du XIIIème siècle).
Elle s’ouvre sur la chapelle latérale droite qui nous offre de magnifiques mosaïques dont la version finale date du XIIème siècle.
Dans la partie basse, de droite à gauche, Saint Augustin, Saint Ambroise, Saint Martin et Saint Grégoire le Grand, illustres docteurs de l’église.
Ils sont séparés par des coquelicots, fleur symbole de l’île de Torcello et de la lagune.
Au-dessus, on peut lire en latin l’inscription qui indique que “Dieu est une triple personne mais une seule essence.
Et qu’”Il revêt la terre d’herbe, fait s’étendre les mers et illumine le ciel”.
Puis, au-dessus, depuis son trône et entouré de deux anges, le Christ bénit les Saints. Il s’agit là d’une version chrétienne du thème païen de Zeus, roi de l’Olympe (c’est-à-dire la Terre, la mer et le Ciel réunis).

Dans la nef de gauche, outre plusieurs tombes, les restes d’une fresque du XIIème siècle, et un petit bénitier du IXème siècle, on peut voir un petit retable de Tintoretto: la Vierge Marie, Mère de Miséricorde.
C’est depuis cette nef qu’on accède à deux ambons reliés ensemble par un escalier commun. Le plus bas est soutenu par une colonne unique, polygonale, alors que le second, plus richement décoré et plus haut est soutenu par 4 fines colonnes.
Sur l’escalier, des plaques de marbre très finement décorées sont riches de détails et symboles. On y voit par exemple la représentation du thème païen du kairos (le moment favorable): le temps est représenté par un personnage monté sur des roues ailées.
Un homme qui se lisse la barbe essaie de le retenir par un bras, une femme semble désespérée de l’avoir laissé passer, alors qu’un jeune homme réussi à l’attraper par la tête et l’arrêter.

Santa Maria di Assunta
Santa Maria di Assunta

Lorsque l’on regarde la porte de la sortie d’origine de l’église on est saisi par la richesse de la mosaïque très figurative des XIème et XIIème siècles qui recouvre tout le mur.
Il s’agit du jugement dernier qui rappelle au fidèle qui quitte le lieu, de façon très explicite, ce qui attend tout Homme au moment de sa mort.
On peut lire la scène du haut vers le bas. Au sommet, Jésus crucifié est entouré de Marie et de St Jean l’évangéliste. Le sang qui jaillit de sa blessure au côté, rappelle sa nature humaine.
En dessous, la scène représente le Christ vainqueur sur le mal et la mort.
Portant la croix telle une arme dans la main gauche, il écrase de ses pieds le diable et les portes de l’Enfer. De la main droite il sort Adam du royaume des morts alors qu’Eve, représentée juste derrière en rouge, est en prière.
Derrière, les rois David et Salomon saluent cette victoire tandis que de l’autre côté de la scène, Saint Jean Baptiste, suivi des prophètes, la désigne comme le ferait un enseignant.
De chaque côté, les deux archanges Michel et Gabriel richement vêtus, tels des empereurs byzantins, ferment le plan.
Le plan suivant est centré à nouveau sur le Christ. Cette fois-ci, Il apparaît dans une amande pour symboliser sa nature divine dans une enveloppe corporelle.
Il montre les plaies de la Passion à la Vierge et à St Jean Baptiste qui le supplient au nom des Hommes.
Cette scène est encadrée de deux anges couverts de pierres précieuses toujours à la manière byzantine, suivis d’une multitude d’anges et surtout des douze apôtres vêtus de blanc.
Un détail d’importance est à remarquer: l’amande du Christ est soutenue par deux anges dont les ailes sont couvertes d’yeux, symboles de la vision de Dieu.
Un flot de flammes descend de l’amande pour alimenter l’enfer deux plans plus bas.
Mais d’abord regardons le quatrième plan. On y voit le trône du triomphe de la croix avec les instruments de la passion que sont la croix, la couronne d’épines, la lance et l’éponge, ainsi que le livre qui d’après le récit de l’Apocalypse ne sera descellé qu’à l’heure du Jugement dernier.
Agenouillés devant ce trône, Adam et Eve, symboles de l’humanité, implorent la miséricorde. De chaque côté on assiste à deux scènes de la résurrection des morts instrumentée par des anges jouant de la trompette: celle de gauche montre les morts enveloppés de leur linceul qui sortent des entrailles de la terre et celle de droite montre les morts en mer revenir à la vie.
Un autre ange enroule le ciel étoilé qui disparaîtra au moment de la résurrection, c’est-à-dire à la fin du monde.
En dessous entourant la porte, nous entrons dans le concret, celui qui doit frapper le fidèle en sortant de l’église tel un avertissement! Il s’agit de la pesée des âmes.
L’archange Gabriel s’occupe de peser le bien et le mal, tandis que les diables tentent de faire pencher la balance de leur côté à l’aide de longues perches. A gauche les élus et, en-dessous, le jardin du Paradis avec Saint Pierre qui en porte les clés et l’Archange Saint Michel chargé d’y conduire les âmes.
A droite, l’enfer et les damnés: des anges rouges chassent les orgueilleux vers les flammes sous les yeux de Lucifer qui trône, portant sur les genoux l’Antéchrist qui prend l’aspect d’un enfant dont la fausse innocence trompe les Hommes.
En dessous, six panneaux décrivent les châtiments des 6 autres péchés capitaux! Les luxurieux sont privés de tout, les gourmands se rongent les poings, les coléreux calment leur colère sous l’eau profonde, les envieux ont les orbites rongés par les vers, les avares n’ont plus que leur tête inutilement ornée de bijoux, et les paresseux ont crânes, pieds, mains et os éparpillés! Quel programme!

Santa Maria Assunta Torcello Jugement dernier
Santa Maria Assunta Torcello Jugement dernier

Campanile de Torcello

Le campanile de Torcello construit à l’arrière de la basilique Santa Maria Assunta a vraisemblablement été édifié à la même époque que celle-ci, soit dans les toutes premières années du second millénaire.
Il a cependant été reconstruit au moins trois fois suite à des effondrements et sa hauteur a été réduite en 1696 après qu’il ait été frappé par la foudre.
Sa fonction religieuse perdure puisque ses cloches continuent à sonner pour annoncer les messes, les dimanches, les jours de fêtes et lors des nombreux mariages qui sont célébrés dans la basilique.
Mais il a aussi une fonction très importante d’observation, fonction de défense autrefois grâce à la vue à 360° et à perte de vue qu’il offre, et aujourd’hui la précieuse fonction d’observation de la lagune.
Pour la solidité, il prend son assise sur des claveaux de marbre, puis il est monté en briques. Extérieurement, chaque face est composée de deux bandes encadrées de piliers carrés se terminant sous le clocher par des arcades suspendues. Le clocher quant à lui comprend 4 arcades soutenues par trois petites colonnes, sur chaque face. Pour le visiter, la montée est facile grâce à la succession de plans inclinés: l’intérieur est en effet composé d’arcades de briques en quinconce qui reposent sur des colonnes carrées.

Le panorama est incroyable : découvrez le sur notre page des plus beaux panoramas de Venise.

Infos pratiques: billet et horaires Musée, basilique Santa Maria Assunta, campanile, Santa Fosca

Billets:
musée seul: 3€ (prix réduit*: 1€50)
musée + basilique: 8€ (prix réduit*: 6€)
musée + basilique + campanile: 12€ (prix réduit*: 10€)
église de Santa Fosca: gratuit.
*groupes >10 pers. et les enfants de 6 à 12 ans; gratuit enfant de moins de 6 ans.

Horaires:
musée / basilique / campanile / église : 10H-17H de nov. à fev., 10H30-17H30 de mars à oct. (dernière entrée 30’ avant fermeture), fermé lundi, jours fériés et 21 novembre.

Campanile Torcello Venise
Campanile Torcello Venise

Où manger à Torcello?

A Torcello, il est possible d’emporter son pique-nique puisqu’on peut facilement se poser dans l’herbe ou sur les marches sous les arcades de l’église Santa Fosca. On peut aussi se contenter d’un snack self service très simple au début du canal (Taverna Tipica Veneziana, tel: +39 041 099 6428), mais cette excursion à Torcello peut aussi être l’occasion d’un bon restaurant en terrasse! En effet, l’espace de cette île peu habitée permet aux restaurants d’offrir de grandes et belles terrasses et certains proposent une cuisine locale très raffinée, à un prix moindre que la gamme équivalente sur Venise. En voici une sélection:

  • La Locanda Cipriani
    était l’auberge la plus prisée d’Hemingway. Il y séjournait lorsqu’il venait se promener et chasser dans la lagune. C’est ce lieu avec son jardin qui lui ont inspiré en 1950 le roman “Au-delà du fleuve et sous les arbres”. D’autres personnalités connues ont apprécié ce lieu. On peut citer entre autres Charlie Chaplin, Maria Callas ou la famille royale d’Angleterre. Ce lieu bucolique propose 6 grandes chambres et un restaurant à la cuisine locale très fine.
    Tel: +39 041 730150 / Fax: +39 041 735433 / Mail: info@locandacipriani.com
    Pour plus d’infos: https://www.locandacipriani.com/ristorante/
    Assez cher mais bon rapport qualité/prix. Restaurant fermé le mardi et en janvier.
  • La Villa’600
    est un restaurant au bon rapport qualité/prix qui propose une cuisine locale dans un très beau jardin.
    Tel: +39 041 527 2254
    Pour plus d’infos: https://www.villa600.it/
    Compter environ 60€ pour 2 personnes (hors vins).
  • L’Osteria al ponte del diavolo
    est encore un restaurant sympathique le long du canal. La terrasse devant est trompeuse car elle masque celle qui donne sur un joli jardin à l’arrière.
    Tel: +39 041 730401
    Pour plus d’infos: http://www.osteriaalpontedeldiavolo.com/
    Ouvert tous les midi sauf lundi
    Ouvert les vendredi et samedi soir
    Compter entre 15 et 30€ le plat.

Pour vous déplacer dans Venise vous trouverez toutes les descriptions des lignes de vaporetto et leurs horaires sur notre page vaporetto.
Pour ceux qui veulent anticiper et avoir un pass coupe file, mieux vaut acheter un pass vaporetto ACTV.

Santa Fosca Torcello
Santa Fosca Torcello

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