La Theriaca de Venise est elle miraculeuse ?

La Theriaca de Venise et ses vestiges !

La theriaca (ou teriaca) de Venise était réputée mondialement jusqu’au 19ème siècle. Mais qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’une sorte de potion aux effets que je qualifierais de magiques !

Elle est censée guérir la peste, toutes les maladies contagieuses et putrides, la tuberculose, les maux d’estomac et la dysenterie, les piqures de scorpion, les morsures de chien et de serpents, heu…tout ou presque !

Quelle est la recette de la Theriaca ?

Ce breuvage miraculeux inventé au 1er siècle avant J.C. par le roi Mithridate, au nord-est de la Turquie, tient son nom du mot grec « therion » qui signifie vipère, serpent et par extension : poison.

La recette originelle était composée de 46 ingrédients et inspirée de « Ta Theriaca », un traité sur les morsures de bêtes sauvages et serpents écrit au 2ème siècle av J.C..

Elle contenait entre autres de la poudre de vipère et de l’Opium.

Andromaque, le médecin personnel du roi Néron y ajouta encore 25 substances.

Au fil des siècles, elle fut fabriquée selon des recettes adaptées dans de nombreuses villes d’Europe dont Paris, Strasbourg, Poitiers, Lyon, Saragosse, Rome …

Parmi les composés les plus fréquents et fantaisistes, on y trouvait de la poudre de testicule de cerf, une dent de Narval et parait-il une corne de licorne… Si, si… De licorne !

C’est celle de Venise qui était la plus réputée avec une apogée au XVIIème siècle. Venise était d’ailleurs réputée pour tous ses produits pharmaceutiques et ses traités de médecine.

Elle avait quasiment le monopole du commerce avec l’Orient, ce qui lui permettait de disposer des meilleurs épices et produits exotiques sans surcouts excessifs… du « circuit court » en quelque sorte !

Comment était fabriquée la Theriaca à Venise ?

A cette époque, elle était fabriquée à Venise principalement une fois par an au printemps ou au début de l’été, époque de l’année ou on pouvait facilement capturer des vipères vivantes.

Devant les principales pharmacies, tous les ingrédients dont les vipères vivantes, étaient exposés pendant au moins 3 jours sous la contrôle de la population et des commis de l’état.

Puis la fabrication commençait en public.

La pharmacie du Rialto, « alla Testa d’Oro » repérable aujourd’hui par sa tête de bronze dorée avait, du fait de sa réputation, le privilège de pouvoir la fabriquer deux fois par an.

Devant la pharmacie « alle due colonne » à San Canciano, un trou dans le pavé marque l’emplacement du mortier qui était utilisé.

La galerie d’art située au 412 derrière la basilique San Marco était aussi une pharmacie comme en témoigne encore son mobilier d’époque, sur lequel on peut lire le mot Teriaca.

Malheureusement, des contrefaçons plus ou moins dangereuses ont eu raison du prestige de cette potion miraculeuse jusqu’à la faire totalement disparaitre au cours du XIXème siècle.

Sondage : êtes vous pour ou contre la relance de la fabrication de la Theriaca ?

Angel : Il y a peut -être un créneau à prendre ? Relancer la fabrication et même la tester sur les nouvelles maladies découvertes au XXème siècle…

Oriane : tu as toujours de bonnes idées… Tu as la formule complète ?

Angel : oui ! La voici ! C’est la formule officielle du Codex au XIXème siècle :
Opium de Smyrne 120g, gingembre 60 g, iris de Florence 60 g, valériane 80 g, acore aromatique 30 g, rapontic (rhubarbe) 30 g, quintefeuille (potentille) 30 g, racine d’aristoloche 10 g, racine d’asarum 10 g, racine de gentiane 20 g, racine de meum 20 g, bois d’aloès 10 g, cannelle de Ceylan 100 g, squammes de scille 60 g, dictame de Crète (marjolaine) 30 g, feuilles de laurier 30 g, feuilles de scordium (Teucrium scordium) 60 g, sommités de calament 30 g, sommités de marrubes (Marrubium vulgare) 30 g, sommités de pouliot des montagnes (peut-être une espèce de menthe ou de germandrée) 30 g, sommités de germandrée petit-chêne (« chamaedrys ») 20 g, sommités de chamaepitys (un bugle soit Ajuga iva, soit Ajuga chamaepitys) 20 g, sommités de millepertuis 20 g, rose rouge 60 g, safran 40 g, fleurs de stoechas (lavande) 30 g, écorce sèche de citron 60 g, poivre long 120 g, poivre noir 60 g, fruits de persil 30 g, fruits d’ammi 20 g, fruits de fenouil 20 g, fruits d’anis 50 g, fruits de « séseli de Marseille » (Seseli tortuosum) 20 g, fruits de daucus de Crète (carotte) 10 g, fruits d’ers (Vicia ervilia 200 g, fruits de navet 60 g, fruits de petit cardamome 80 g, agaric blanc (champignon de Paris) 60 g, suc de réglisse 120 g, cachou 40 g, gomme arabique 20 g, myrrhe 40 g, oliban 30 g, sagapénum (gomme séraphique) 20 g, galbanum (extrait de férule) 10 g, opopanax 10 g, benjoin 20 g, castoréum 10 g, mie de pain 60 g, terre sigillée 20 g, sulfate de fer sec 20 g, bitume de Judée 10 g
Angel : d’ailleurs j’y ajouterais bien la corne de licorne pour faire plus authentique.

Oriane : Mais comment se procurer les 54 ingrédients ?

Angel : peut-être que notre président de la république, Monsieur Macron pourrait nous aider avec sa « poudre de Perlin Pinpin » ?

Oriane : peut-être… Et pour la corne de Licorne tu fais comment ?

Angel : on l’indique juste sur la formule, si on a Macron dans la poche, les contrôles de l’état fermeront peut-être les yeux ! »

La Theriaca est elle miraculeuse ?
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